La France a considérablement hausser le ton pour réussir à s'imposer face à une jeune équipe espagnole qui était favorite. Tous les journaux espagnols prédisaient le dernier match de Zidane et le journal madrilène Marca disait sur sa une que la France était en panique, que nenni! La France s'impose 3-1 et se qualifie pour les quarts de finale et rencontrera le Brésil, ultra favori!!
ILS EN ÉTAIENT CAPABLES
Au terme d'un huitième de finale dont les Bleus ont maîtrisé l'intensité, la France s'est qualifiée pour un quart de finale exceptionnel contre le Brésil (3-1). Ribéry, Vieira et Zidane ont inscrit les trois buts d'une équipe enfin digne de toutes ses promesses.
La France a maîtrisé ses nerfs L'Espagne est fougueuse, l'Espagne joue remarquablement au football (59% de possession du ballon en première période), mais l'Espagne ne bat jamais l'équipe de France dans les compétitions qui comptent. Pour tout dire, elle ne fait jamais rien dans les compétitions qui comptent. L'équipe de France, elle qui n'a jamais douté d'en être encore capable, recommence à gagner ces matches qui font rêver. Cette maîtrise, cette intensité-là, c'est du 100% inédit depuis l'Euro 2000. Et la marge n'a même pas été courte (3-1)... L'Espagne a longtemps fait penser qu'elle gardait un peu de jeu sous la semelle pour tirailler davantage le bloc tricolore. Elle fut abattue dans les dix dernières minutes pour trop de constance et d'auto-complaisance. Il ne faut finalement s'étonner de rien en constatant que Barthez eut à livrer un match propre, sans plus, avant cette sortie aérienne de la 89e minute. L'Espagne a inscrit son unique but sur un penalty précoce de Villa (28e). C'est Raymond Domenech qui avait raison : il est inutile d'être euphorique en début de tournoi.
Après ce but, Gallas a replacé le ballon au centre du terrain d'une main rageuse. Une attitude un brin urgente qui ne laissait prévoir ni la lucidité avec laquelle les Bleus allaient enchaîner, ni la prise en main progressive des Français sur la rencontre. Tout commença par un jeu en bloc abouti qui, dans la première demi-heure, eut le mérite de montrer aux jeunes Ibères que les débats seraient, au mieux pour eux, équilibrés. La France, même privée de munition, maîtrisait son placement, anticipait, coupait les trajectoires, se procurant même la meilleure occasion lorsqu'un centre de Henry ne fut coupé ni par Ribéry ni par Vieira (23e). Il y eut bien du déchet, et à ce moment du match Ribéry incarnait à lui seul un manque de maîtrise dans la transmission. Mais le Marseillais fit basculer le match dans l'autre sens sur une action simple et efficace, un diptyque que les Français avaient si rarement récité ces derniers mois. 41e minute. Vieira a le choix. Henry part à gauche, mais il sera encore hors jeu. Ribéry arrive de la droite, mais il faut attendre un peu. Et il attend, Vieira, juste ce qu'il faut. Il ouvre le chemin du but au Ch'ti Tricolore qui, non sans effacer deux joueurs et Casillas, égalise (1-1)
Egalité au tableau d'affichage. Pas forcément dans les esprits. C'est Lilian qui avait raison : ça se jouerait dans la tête. Au retour des vestiaires, les Bleus franchirent un cap dans leur matche vers l'exploit (car c'en est un), en s'assurant un meilleur contrôle du ballon qu'en première période, en se procurant les premières occasions (Malouda 52e, Ribéry 59e) sans en concéder de monstrueuses (Luis Garcia 69e, Joaquin 74e). Alors que la prolongation se dessinait comme l'issue logique d'un match intense, équilibré, agréable mais sans grandes envolées, les débats se crispèrent et la France sut profiter de son surplus de nerfs pour arracher ses retrouvailles avec le Brésil. Elle ajouta une pierre à ses progrès en prenant l'avantage sur un coup de pied arrêté, pour la première fois du tournoi. Un coup franc à la courbe parfaite de Zidane poussé dans le but par une tête de Vieira, aidé par Ramos (82, 2-1). Inégal jusque là, et chambré par l'immense colonie espagnole, le capitaine se mit à la hauteur de l'événement en inscrivant le troisième but, à l'issue d'un contre, avec la maîtrise d'un géant (92e, 3-1). Il a fêté ça avec l'enthousiasme d'un junior, avec les autres, comme avant. Ce soir, avant de retrouver l'adversaire qui a fait sa gloire, Zidane n'est toujours pas à la retraite. L'Espagne, elle, peut aller bachoter un coup avant l'Euro 2008.
LES REACTIONS
ZINEDINE ZIDANE ( au micro de TF1): «J'ai envie de dire aux Espagnols, parce qu'ils nous ont assez chambré là-dessus, j'ai envie de leur dire que c'est pas ce match-là (sa retraite). L'aventure continue et on est content, on avait préparé ce match de la meilleure des façons. On avait envie de faire quelque chose, de montrer que peut-être le premier tour n'était pas facile, mais ce soir on a démontré qu'on avait un bon groupe et qu'on voulait aller beaucoup plus loin. (Le Brésil) C'est un bon souvenir pour nous, on essaiera de le préparer pareil, on est tous bien, on est content d'être là ensemble, et ça se voit».
RAYMOND DOMENECH: «Cela a été surtout dur pour eux, même si on a eu une ou deux situations chaudes. Cela a été un match admirable à tous les niveaux, de courage, de capacité de réaction, de solidité, d'intelligence, de lucidité et de patience. On a une équipe de vieux, mais on sait être patient. Les jeunes s'essoufflent plus vite en général. Tous ceux qui étaient discutés... Patrick Vieira était décrié, Zizou ne devait pas jouer ce match là... Qu'on puisse poser simplement la question pour moi était un drame, mais c'est comme ça. Et avec notre petite équipe de vieux on va continuer à avancer ensemble. Maintenant, on a quelque chose d'exceptionnel à jouer. (Le Brésil) C'est ce que disaient les joueurs dans le vestiaire: c'est pour ces matches-là qu'on vit dans le football, parce qu'il y a des émotions exceptionnelles. Et, ce soir, il y en a eu une et il y en a une autre qui arrive.»
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